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Amendes routières proportionnelles au revenu

Rendre les amendes pour excès de vitesse proportionnelles au revenu du contrevenant, sur le modèle finlandais ou suisse, pour que la dissuasion soit égale pour tous. Aujourd'hui, une amende de 135 € représente 9,7 % du SMIC net mensuel mais seulement 1,35 % pour un revenu de 10 000 €/mois.

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Égalité de dissuasion — les preuves finlandaises

Le système finlandais de « jour-amende » (päiväsakko), en place depuis 1921, calcule les amendes selon le revenu disponible journalier. Des cas emblématiques illustrent son efficacité : un dirigeant Nokia condamné à 116 000 € en 2002, un homme d'affaires à 54 000 € pour 22 km/h au-dessus de la limite en 2015. Une étude de Kantorowicz-Reznichenko et Faure a montré que les amendes proportionnelles produisent une dissuasion plus uniforme entre les groupes de revenus.

Code pénal finlandais, chapitre 2aKantorowicz-Reznichenko & Faure, Review of Law & Economics
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Équité et principe constitutionnel d'égalité

L'article 13 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen dispose que les contributions doivent être « également réparties entre tous les citoyens en raison de leurs facultés ». Le Conseil constitutionnel reconnaît la proportionnalité comme principe en matière fiscale. Le principe d'individualisation des peines (article 8 DDHC, décision 2005-520 DC) exige déjà que les peines soient proportionnées.

DDHC 1789, articles 8 et 13Conseil constitutionnel, décision 2005-520 DC
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Réduire la spirale de précarité des bas revenus

Les amendes forfaitaires ont des effets en cascade sur les populations à faibles revenus. Selon le Défenseur des Droits, elles contribuent significativement à l'endettement des ménages modestes. Les amendes impayées entraînent des majorations (+50-100 %), des poursuites du Trésor Public et des suspensions de permis — compromettant l'emploi, surtout en zone rurale où la voiture est indispensable.

Défenseur des Droits, rapports annuelsDonnées INSEE sur les dépenses de transport des ménages
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Le précédent suisse dans un système juridique comparable

La Suisse utilise un système d'amendes ajustées au revenu (art. 34 du Code pénal suisse). En 2010, un automobiliste suédois a été condamné à environ 1 080 000 CHF pour excès de vitesse répétés. Une étude de l'ETH Zurich a montré que les amendes proportionnelles ne réduisent pas les taux de conformité et sont perçues comme plus justes par la population. Le taux de mortalité routière suisse est de 2,2 pour 100 000 habitants, parmi les plus bas d'Europe.

Code pénal suisse, art. 34-36ETH Zurich, recherche sur le trafic routier

Nuance & verdict

Les amendes proportionnelles au revenu répondent à une tension réelle du système actuel : les amendes forfaitaires sont manifestement régressives, imposant une contrainte significative aux conducteurs modestes tout en échouant à dissuader les plus aisés. Les modèles finlandais et suisse montrent que les amendes proportionnelles sont opérationnellement viables et perçues comme plus justes. Cependant, la transposition en France se heurterait à des obstacles substantiels : l'échelle du traitement automatisé (12+ millions d'infractions/an), la complexité de l'intégration des bases fiscales et routières sous contrainte RGPD, et des objections constitutionnelles crédibles fondées sur le principe de légalité des peines. Les preuves empiriques sur l'amélioration réelle de la sécurité routière au-delà de ce qu'obtiennent déjà la certitude de détection et le permis à points restent peu concluantes. Un programme pilote rigoureux dans une juridiction limitée serait la voie la plus prudente avant toute réforme nationale.